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Sourate 12

JOSEPH
YÛSUF

Cette sourate, chronologiquement la cinquante-troisième, est titrée d’après l’histoire qu’elle rapporte, celle de Yûsuf-Joseph, qui apparaît dès le verset 4. Ses cent onze versets constituent une homélie avec une courte introduction (1-3) suivie par le récit proprement dit (4-101) et s’achevant sur une conclusion édifiante (102-111).

La vie de Yûsuf reprend les données de la Genèse (37-45), ornées de données généralement prises dans d’anciens commentaires traditionnels.


Sourate 12.

JOSEPH
YÛSUF

Au nom d’Allah,
le Matriciant, le Matriciel...

1.     A. L. R. Alif. Lâm. Râ’.
Voilà les Signes de l’Écrit manifeste.

2.     Nous l’avons fait descendre:
c’est l’Appel, en arabe, al-Qur’ân,
pour que vous discerniez peut-être.

3.     Nous te racontons les plus beaux récits
en te révélant cet Appel, al-Qur’ân,
bien que tu fus jadis inattentif.

4.     Quand Yûsuf dit à son père:
« Ô mon père,
voici, j’ai vu onze étoiles,
le soleil et la lune,
je les ai vus se prosterner devant moi. »

5.     Il dit: « Ô mon fils,
ne raconte pas ta vision à tes frères,
ils comploteraient contre toi:
voici, le Shaïtân est pour les humains
un ennemi manifeste. »

6.     Ainsi ton Rabb te préfère, il t’enseigne
l’interprétation des énigmes,
il parachève son ravissement
pour toi et pour les Tentes de Ya‘qûb,
comme il l’avait parachevé, jadis,
pour tes pères Ibrâhim et Is’hâq.
Voici ton Rabb, savant, sage.

Moitié du Hizb Vingt-quatre

7.     Ainsi, il est, en Yûsuf et ses frères,
des Signes pour les questionneurs,

8.     quand ils disent:
« Yûsuf et son frère sont mieux aimés
par notre père que notre groupe !
Voici notre père dans un fourvoiement manifeste.

9.     Tuez donc Yûsuf, abattez-le à terre,
votre père tournera vers vous sa face.
Après quoi, vous serez un peuple respecté. »

10.     Parmi eux, un interlocuteur dit:
« Ne tuez pas Yûsuf,
précipitez-le plutôt dans une citerne profonde.
Si vous le faites,
des voyageurs le recueilleront. »

11.     Ils disent: « Ô notre père,
qu’as-tu à ne pas nous croire
pour ce qui est de Yûsuf ?
Nous sommes sincères en ce qui le concerne.

12.     Envoie-le avec nous demain,
il paîtra et jouera: nous serons ses gardiens. »

13.     Il dit: « Je m’afflige,
parce que vous partez avec lui.
Je crains qu’un loup ne le dévore,
quand vous serez inattentifs. »

14.     Ils disent: « Si un loup le dévorait,
notre groupe serait lui aussi perdu. »

15.     Ils partent avec lui et, ensemble,
ils le précipitent dans une citerne profonde.
Nous lui révélons:
« Tu évoqueras cette affaire devant eux
quand ils ne s’y attendront pas. »

16.     Ils reviennent vers leur père,
le soir, en pleurant.

17.     Ils disent: « Ô notre père,
voici, nous partions pour une course,
laissant Yûsuf près de nos affaires
quand un loup l’a dévoré.
Tu ne nous croiras pas,
bien que nous soyons sincères. »

18.     Ils viennent avec sa tunique tachée de faux sang.
Ya‘qûb dit:
« Vous avez vous-mêmes donné cet ordre.
Persévérance, sérénité !
Voici, Allah nous viendra en aide
contre ce que vous débitez. »

19.     Survient une caravane: ils envoient quelqu’un
descendre un seau pour puiser.
Il dit: « Quelle histoire ! Voici un adolescent ! »
Ils le cachent, comme une marchandise,
Allah sait ce qu’ils font.

20.     Ils le vendent à vil prix,
pour quelques dirhams.
En cela, ils le dépréciaient.

21.     En Misr, son acheteur dit à sa femme:
« Agrémente son séjour.
Il nous sera peut-être utile
ou bien nous le prendrons pour enfant ? »
Ainsi nous donnons à Yûsuf un lieu sur terre
pour lui enseigner l’interprétation des énigmes,
Allah vainqueur réalise son ordre,
mais les humains, pour la plupart,
ne le savent pas.

22.     Quand il atteint sa maturité,
nous lui donnons sagesse et savoir.
Nous rétribuons ainsi les excellents.

23.     La maîtresse dans sa maison le désire.
Elle ferme toutes les portes et dit:
« Je suis à toi ! »
Il dit: « Qu’Allah me garde !
Mon Maître m’a fait excellent accueil !
Les fraudeurs ne gagnent pas ! »

24.     Cependant, elle pense à lui et il pense à elle,
mais il voit, avec évidence, son Rabb.
Ainsi, nous détournons de lui
le mal et la perversité.
Le voici: il est un de nos serviteurs intègres.

25.     Tous deux courent vers la porte.
Elle déchire sa tunique, par-derrière.
Ils rencontrent son maître devant l’entrée.
Elle dit: « Quel est le salaire
de qui veut le malheur de ta tente ?
Doit-il être emprisonné
pour un supplice terrible ? »

26.     Il dit: « Elle m’a désiré de tout son être ! »
Un témoin de sa tente témoigne:
« Si sa tunique est déchirée devant,
elle dit vrai et lui ment !

27.     Mais si sa tunique est déchirée derrière, elle ment,
et lui dit vrai. »

28.     Il voit la tunique déchirée derrière, et dit:
« Voilà bien votre perfidie,
votre grandiose perfidie !

29.     Yûsuf, écarte-toi de là !
Toi, femme, demande pardon
pour ton crime: tu es fautive. »

Trois quarts du Hizb Vingt-quatre

30.     Des femmes, dans la ville, disent:
« La femme du puissant a désiré son serviteur
de tout son être: il l’a transpercée d’amour.
Nous la voyons: elle est dans un fourvoiement extrême. »

31.     Quand elle entend leurs médisances,
elle les convoque et leur prépare une collation.
Elle donne à chacune d’elles un couteau.
Elle dit à Yûsuf: « Sors près d’elles ! »
Quand elles le voient, elles l’admirent tant
qu’elles se coupent les mains et disent:
« Par Allah ! Ce n’est pas un être charnel !
C’est sûrement un Messager sublime ! »

32.     Elle dit: « Voilà celui pour qui vous me blâmiez !
Je l’ai désiré, mais il a résisté.
Quiconque n’obéit pas à mes ordres
doit être emprisonné avec les misérables. »

33.     Il dit: « Mon Rabb,
je préfère la prison, à ce qu’elles me proposent !
Si tu ne me préserves pas de leurs ruses,
je serais condamné ! »

34.     Son Rabb l’exauce et le préserve de leurs ruses,
le voici, lui, l’entendeur, le savant.

35.     Ensuite, après avoir vu les Signes,
il leur convient de l’emprisonner pour un temps.

36.     Deux autres entrent avec lui en prison.
L’un d’eux dit: « Voici,
je me suis vu pressant du vin. »
L’autre dit: « Voici,
je me suis vu portant, sur ma tête,
du pain dont mangeaient les oiseaux.
Révèle-nous l’interprétation de ces rêves.
Nous te verrons parmi les parfaits. »

37.     Il dit: « Votre nourriture ne vous sera pas donnée,
que je ne vous aie révélé leur interprétation,
avant qu’ils ne s’accomplissent.
Grâce aux enseignements de mon Rabb,
j’ai répudié la doctrine du peuple
qui n’adhère pas Allah,
ceux qui effacent l’Autre monde.

38.     J’opte pour la doctrine de mes pères
Ibrâhim, Is’hâq et Ya‘qûb.
Ce n’est pas à nous d’associer quiconque à Allah,
cela par grâce d’Allah pour nous et les humains.
Mais les humains, pour la plupart,
ne le reconnaissent pas.

39.     Ô mes deux compagnons de prison,
de nombreux rabbs sont-ils meilleurs
qu’Allah l’Unique, l’Irrésistible ?

40.     Vous ne servez, loin de Lui, que des noms,
ceux dont vous les nommez, vous et vos pères.
Allah n’a pas fait descendre sur eux de pouvoirs.
Voici, la sagesse est à Allah seul.
Il vous ordonne de ne servir nul autre que Lui.
Voilà l’immuable créance.
Mais les humains, pour la plupart,
ne le savent pas.

41.     Ô mes deux compagnons de prison,
l’un de vous servira le vin de son maître.
Quant à l’autre, il sera crucifié,
des oiseaux lui mangeront la tête.
Cet ordre sur lequel vous m’avez
tous deux consulté est définitif ».

42.     Il dit à celui des deux qui se croyait sauvé:
« Souviens-toi de moi chez ton maître. »
Mais le Shaïtân lui fait oublier
ce souvenir chez son maître,
Yûsuf reste en prison plusieurs années.

43.     Le roi dit: « Voici, je vois sept vaches grasses:
elles dévoraient sept vaches maigres,
et sept épis verts avec d’autres épis desséchés.
Ohé, le Conseil, expliquez-moi ma vision,
si vous savez interpréter les visions. »

44.     Ils disent: « Des tas de rêves !
Nous autres, nous ne sommes pas des savants,
pour interpréter les rêves ! »

45.     Celui des deux qui avait été libéré
après un certain temps se souvient et dit:
« Je vous exposerai leur interprétation:
envoyez l’affaire ! »

46.     « Yûsuf, ohé le juste, éclaire-nous
sur les sept vaches grasses
qui sont dévorées par les sept vaches maigres,
et sur les sept épis verts mêlés à d’autres épis desséchés.
Peut-être reviendrais-je vers les humains,
et peut-être sauront-ils ? »

47.     Yûsuf dit: « Semez sept ans comme de coutume.
Ce que vous moissonnerez, laissez-le en épis,
sauf le peu dont vous vous nourrirez. »

48.     Ensuite, sept années dures vous seront données:
elles dévoreront ce qu’auparavant vous aurez amassé,
sauf le peu que vous garderez.

49.     Ensuite, une année sera donnée
où les humains, secourus, iront aux pressoirs.

50.     Le roi dit: « Amenez-le moi. »
Quand l’envoyé vient à lui,
il dit: « Reviens vers ton maître.
Demande-lui pourquoi les femmes
se coupaient les mains.
Mon maître connaît bien leurs ruses. »

51.     Le roi dit: « Quelle était votre intention
quand vous avez désiré Yûsuf ? »
Elles disent: « Par Allah,
nous ne voyons aucun mal en lui. »
La femme du puissant dit:
« Maintenant, que la vérité éclate !
Je l’ai désiré, moi aussi !
Voici, c’est un juste !

52.     Cela pour que mon époux sache
que je ne le trahis pas en secret:
Allah ne guide jamais la ruse des traîtres ! »

Fin du Djûz Douzième

Djûz Treizième

Hizb Vingt-sept

53.     Je ne me disculpe pas:
voici, tout être est poussé au mal,
sauf celui que mon Rabb matricie.
Voici mon Rabb, clément, matriciel.

54.     Le roi dit: « Amenez-le moi: je me l’offre ! »
Quand Yûsuf lui parle, le roi dit:
« Tu es aujourd’hui, près de nous,
nanti d’autorité dans l’amen. »

55.     Yûsuf dit: « Prépose-moi
sur les dépôts de la terre;
j’en serai le gardien expert. »

56.     Nous établissons Yûsuf sur la terre,
pour l’administrer à son gré.
Nous dispensons nos grâces à qui nous voulons:
sans perdre la rétribution des parfaits,

57.     mais le salaire de l’Autre est meilleur
pour ceux qui adhèrent et frémissent.

58.     Viennent les frères de Yûsuf. Ils entrent chez lui:
il les reconnaît, mais eux se méprennent sur lui.

59.     Quand il les approvisionne en nourritures, il dit:
« De chez votre père, revenez chez moi, avec votre frère.
Ne le voyez-vous pas ? Je vous ai donné pleines rations,
moi, le meilleur des conciliateurs.

60.     Si vous ne l’amenez pas,
vous n’aurez plus, chez moi, de rations,
vous ne m’approcherez plus. »

61.     Ils disent: « Nous persuaderons notre père,
et nous le ferons. »

62.     Il dit à ses serviteurs:
« Mettez les marchandises dans leurs sacs.
Peut-être les reconnaîtront-ils
quand ils arriveront dans leurs tentes.
Ils arriveront peut-être dans leurs tentes
et peut-être reviendront-ils ? »

63.     Quand ils reviennent chez leur père, ils disent:
« Ô notre père !
Toute ration nous fut refusée.
Envoie avec nous notre frère:
nous nous approvisionnerons.
Nous serons ses gardiens. »

64.     Il dit: « Votre garantie pour lui
sera-t-elle semblable à celle
que vous m’aviez donnée pour son frère ? !
Allah est le meilleur des gardiens,
lui, le plus matriciel des matriciels. »

65.     Quand ils ouvrent leur chargement, ils constatent
que leurs marchandises leur ont été rendues.
Ils disent: « Ô notre père,
que voudrions-nous de plus ? !
Nos marchandises nous ont été rendues !
Nous approvisionnerons notre tente,
protégerons notre frère,
et nous ajouterons le chargement d’un chameau,
ce qui est une charge légère ! »

66.     Il dit: « Je ne l’enverrai pas avec vous,
que vous ne m’ayez fait le serment, par Allah,
de me le ramener, sauf empêchement contraire. »
Quand ils prêtent serment, il dit:
« Qu’Allah garde ce que nous avons dit. »

67.     Il dit: « Ô mes fils,
n’entrez pas par une même porte,
mais par des portes distinctes !
Je ne vous serais utile en rien contre Allah.
Voici, le jugement n’appartient qu’à Allah !
En Lui, je m’abandonne,
comme en Lui s’abandonnent les tout-abandonnés. »

68.     Ils entrent, selon l’ordre fixé par leur père,
mais cela ne leur aurait été utile en rien, contre Allah,
si ce n’était une exigence de Ya‘qûb, conçue par lui,
doté du savoir que Nous lui faisons connaître.
Cependant, les humains, pour la plupart, ne savent pas.

69.     Quand ils entrent chez Yûsuf,
il reçoit son frère près de lui.
Il dit: « Voici, je suis ton frère.
Ne sois pas accablé par ce qu’ils ont fait ! »

70.     Quand il les approvisionne en nourritures,
il met sa coupe sous le bât de son frère.
Ensuite un annonceur crie:
« Ohé, la caravane,
vous êtes des voleurs ! »

71.     En les entendant, ils disent: « Qu’avez-vous perdu ? »

72.     Ils disent: « Nous avons perdu le calice du roi !
Qui le rapportera gagnera une charge de chameau,
j’en suis garant ! »

73.     Ils disent: « Par Allah, vous le savez,
nous ne venons pas souiller la terre:
nous ne sommes pas des voleurs ! »

74.     Ils disent: « Quelle sera la sanction du vol
si vous mentez ? »

75.     Ils disent: « Celui dans le bât
duquel le calice sera trouvé,
le paiera de son être même.
Nous sanctionnons ainsi les fraudeurs. »

76.     Yûsuf fouille leurs ballots,
puis celui de leur frère.
Il retire alors le calice du ballot de leur frère.
Nous avions ainsi endurci Yûsuf
qui n’était pas en mesure de retenir son frère,
selon la créance du roi,
sans qu’Allah l’ait décidé.
Nous élevons en degré qui nous décidons:
mais, au-dessus de tous,
il est un Savant doté de toute science.

Quart du Hizb Vingt-cinq

77.     Ils disent: « S’il l’a volé,
un de ses frères l’avait volé avant lui. »
Yûsuf se cache et ne leur révèle rien.

78.     Ils disent: « Ohé, le puissant !
Il a un père âgé, vieux.
Prends donc un de nous à sa place.
Nous te verrons parmi les parfaits. »

79.     Il dit: « Qu’Allah me garde !
Nous prendrons celui-là seul
chez qui nous avons trouvé notre bien.
Sinon nous serions des fraudeurs. »

80.     Quand ils désespèrent de le fléchir, ils se consultent.
Leur aîné, dit: « Ne savez-vous pas que votre père
a déjà fait pour vous un pacte avec Allah ?
Avant, qu’aviez-vous fomenté contre Yûsuf ?
Je ne fuirai pas de cette terre
avant que mon père ne m’y autorise
ou qu’Allah ne m’en avise.
Il est le meilleur des juges. »

81.     Revenez à votre père et dites:
« Ô notre père, ton fils a volé.
Nous attestons ce que nous avons appris.
Nous ne sommes pas les gardiens de ce mystère.

82.     Interroge la cité où nous étions
et la caravane où nous avancions:
nous sommes sincères. »

83.     Il dit: « Vous avez vous-mêmes
inspiré cette affaire.
Persévérance, sérénité !
Puisse Allah me les redonner ensemble,
Lui, le Savant, le Sage. »

84.     Il se détourne d’eux et dit:
« Aïe, Yûsuf. »
Ses yeux palissent d’affliction:
il est tout accablé.

85.     Ils disent: « Par Allah, cesse
d’invoquer Yûsuf, jusqu’à en être
tout amaigri, et proche de l’agonie. »

86.     Il dit: « Voici, je me plains auprès d’Allah
de mon déchirement et de mon affliction:
je sais d’Allah ce que vous ne savez pas.

87.     Ô mes fils,
fuyez, enquérez-vous de Yûsuf et de son frère,
ne désespérez pas du souffle d’Allah.
Ne désespère du souffle d’Allah
que le peuple des effaceurs. »

88.     Quand ils entrent chez lui, ils disent:
« Ohé, le puissant !
Le malheur nous a saisis, nous et notre tente !
Nous venons avec un troc négligeable.

89.     Fais-nous bonne pesée. Sois juste envers nous.
Voici, Allah nous accordera bonne ration. »
Il dit: « Saviez-vous ce que vous faisiez
dans votre ignorance, à Yûsuf et à son frère ? »

90.     Ils disent: « Voici, Yûsuf, c’est toi ! »
Il dit: « Je suis Yûsuf et voilà mon frère.
Allah nous a fait ce don.
Le voici, il est avec qui frémit et persévère:
Allah ne perd pas la rétribution des parfaits. »

91.     Ils disent: « Par Allah, Allah t’a préféré à nous.
Oui, nous sommes coupables. »

92.     Il dit: « Nul ne vous incriminera aujourd’hui:
Allah vous pardonne,
Lui, le plus matriciant des matriciels.

93.     Emportez ma tunique, celle-là,
posez-la sur le visage de mon père:
il recouvrera la vue,
puis revenez tous ici avec vos tentes. »

94.     Quand la caravane repart, leur père dit:
« Me voici, je sens l’odeur de Yûsuf:
ne me démentez pas. »

95.     Ils disent: « Par Allah, te voilà
dans ton vieux fourvoiement ! »

96.     Quand vient le porteur de la nouvelle,
il applique la tunique sur le visage de Ya‘qûb,
celui-ci recouvre la vue.
Il dit: « Ne vous le disais-je pas ?
Je sais d’Allah ce que vous ne savez pas. »

97.     Ils disent: « Ô notre père,
pardonne-nous nos crimes:
nous sommes coupables. »

98.     Il dit: « Vite, je demande votre pardon à mon Rabb:
le voici, Lui, le Clément, le Matriciel. »

99.     Quand ils reviennent chez Yûsuf,
il accueille chez lui ses deux parents.
Il dit: « Entrez en Misr:
Allah l’a décidé, dans l’amen. »

100.     Il élève ses deux parents sur le trône
et tombe en prosternation.
Il dit: « Ô mon père,
telle est l’explication de ma vision, jadis.
Mon Rabb en a fait une réalité.
Il a excellé pour moi en me sortant de prison
et en vous ramenant du désert
après que le Shaïtân eût mis
l’exécration entre moi et mes frères.
Voici, mon Rabb est subtil envers qui il décide,
le voici, Lui, le Savant, le Sage.

Moitié du Hizb Vingt-cinq

101.     Mon Rabb, tu m’as déjà donné le pouvoir,
tu m’as appris l’interprétation des énigmes,
Toi, le fendeur des ciels et de la terre,
mon protecteur en ce monde et dans l’Autre,
rappelle-moi en pacifié,
réunis-moi aux parfaits. »

102.     Cela, nous le révélons avec les récits du mystère.
Tu n’étais pas près d’eux
quand ils s’étaient rassemblés pour ourdir leur affaire !

103.     La majorité des humains,
même si tu y aspires, n’est pas dans l’amen.

104.     Tu ne leur demanderas pas de salaire pour cela:
ceci n’est que la Mémoire des univers.

105.     Des Signes dans les ciels et sur la terre
passent près d’eux, mais ils s’en détournent.

106.     La plupart adhèrent à Allah
sans cesser d’être des associateurs.

107.     Ils croient que le supplice d’Allah
ne les atteindra jamais,
ou que leur heure, qu’ils n’attendent pas,
ne surviendra pas soudain.

108.     Dis:
« Voici mon sentier:
j’invoque Allah avec lucidité,
moi et qui me suit. Gloire à Allah:
je ne suis guère parmi les associateurs. »

109.     Nous n’avons envoyé, avant toi,
que des hommes à qui nous nous révélions,
dans les tentes des cités.
Ne marchent-ils pas sur terre ?
Qu’ils contemplent quelle est la sanction
de ceux qui étaient avant eux !
L’Autre demeure est meilleure
pour ceux qui frémissent.
Ne le discernez-vous pas ?

110.     Avant que les Envoyés ne se désespèrent,
imaginant être reniés,
notre secours leur parvient.
Nous délivrons qui nous voulons:
notre rigueur ne se détourne pas
du peuple des coupables.

111.     Ainsi, leurs histoires sont un enseignement
pour les humains dotés d’un coeur.
Ce n’est pas une Geste divergente,
mais la vérification
de ce qu’il avait entre ses mains,
l’exposé de tout le réel,
guidance et grâce
pour le peuple de l’amen.